Mac Tyer sait de quoi il parle, et nous décrit ainsi ce qui se déroule sur le front. Il passe alors de textes egotrip aux rimes assassines 93 tu ne peux pas test, croise le chemin d’un flic véreux sur Pacman, fait sur une composition aérienne l’apologie de la paire de baskets des jeunes de banlieues dans Paire de Requins. Puis il fait appel à son homme de main de Tandem Mac Gregor en guise de renfort sur Tu vas pleurer, juste après s’être confié à sa fille sur le touchant : Jeunes parents.
Mais sur ce premier cd, le Général n’a pas peur de s’exposer, en prenant des chemins inexplorés, et en délaissant le Rap, pour le chant sur Petit Frère /Petite sœur où il met en garde ces jeunes des cités en manque de repères contre de mauvais choix de vie. Ce premier opus se termine par un passage dans l’univers de l’isolement, où notre général décrit le Suicide carcéral épaulé de Kery James en guise d’avocat.
La trêve passée on repart de plus belle sur le front du deuxième disque, sur des sentiers musicaux toujours aussi imprévisible pour l’ennemi, et truffées de moments de grâce. La température augmente avec des salves percutantes et entraînantes injectées de Trap Music à l’image de So et À Chaud .Ainsi le général fait tour à tour appel aux membres de son QG, organise la Rébellion avec Toma .Adoucit quelque peu l’ambiance en faisant l’état des lieux de son secteur avec la chanteuse Wallen sur Auber c’est pas L.A, puis traite avec sarcasme des histoires de couples dans la Guerre de Roses.
Au cœur de la bataille on atteint dès lors l’un des sommets de ce double album, lorsque le général se joint à la jeune Tima (11 ans) sur On a tous mal, morceau poignant intimiste juste accompagné d’un piano et d’un saxophone jazzy, et mettant a nu les douleurs affectant notre monde .La messe est ainsi dite et le général n’a plus qu’à porter le coup de grâce, et démasquer tous les imposteurs ,avec ce duo au sommet featuring Booba qui met tout le monde d’accord sur Ne me parle pas de Rue. Notre homme savoure enfin la victoire et n’oublie pas de jeter un regard en arrière, pour rendre hommage aux pionniers du mouvement sur Comme en 90, qui annonce la fin de l’odyssée.
La tension retombe alors sur le front et lorsqu’on a fini d’écouter cet album, on ne peut alors s’empêcher de penser que notre Général, de par ses prises de risques, de par ses textes engagés, de par ce son novateur, réussi son pari en inscrivant cet album comme étant un nouveau tournant du Rap Francophone.
Album qu’on vous incite à découvrir rapidement.
- Le Général a pris le pouvoir !